Depuis quelques mois, plusieurs enquêtes de journalistes ont approfondi le sujet du développement du « cotransportage » de colis, un nouveau mode de transport de marchandises permis par la loi LOM de 2019, qui devait permettre à des particuliers, dans un souci écologique et solidaire, de ramener les courses de leurs voisins.
Le développement industrialisé de cette pratique, par des plateformes a totalement dévoyé le modèle solidaire = aujourd’hui, ce sont des particuliers de milieux défavorisés, qui servent de main d’œuvre à très bas prix (on ne parle plus de salaire mais de dédommagement).
Le Syndicat National des Transports Légers – SNTL ,qui représente des entreprises de transport routier de marchandises avec des véhicules de moins de 3,5 t et ou 20 m3, publie une note sur le développement du cotransportage, pour objectiver l’état du développement de cette pratique, afin d’alerter les pouvoirs publics. Le cotransportage tue des emplois dans les entreprises des transports légers du secteur du transport routier de marchandises TRM.
Depuis de nombreux mois, les entreprises de la livraison urbaine ont observé un basculement du transport des livraisons de la grande distribution, notamment alimentaire, vers ce modèle : 3500 points de vente de Drive et plus de 6000 supermarchés, pour 4,5 millions de commandes transportées à l’année. Aujourd’hui le modèle se développe dans tous types de commerces.
Le SNTL dénonce depuis 2 ans cette pratique = absence de contrôle de température sanitaire, identité du livreur non garantie pour le client, non prise en compte des problématiques d’assurance… Les récentes enquêtes journalistiques montrent par ailleurs le caractère sordide de l’exploitation d’une force de travail à bas coût, et le manque à gagner pour notre système de protection sociale.
Le SNTL demande que le cotransportage ne puisse pas avoir de dimension commerciale : le cotransportage ne devrait être accepté que si l’opération de transport est contractée entre particuliers. Par ailleurs, le SNTL préconise d’interdire les tournées = un cotransport ne doit pouvoir prendre de colis que pour aller d’un point A à un point B. Enfin le SNTL demande d’abaisser à 1000 euros la limite de rétribution annuelle que peut percevoir un cotransporteur.
M. Bruno Neveu, président du SNTL a adressé cette note à M. Philippe Tabarot, ministre des transports, pour l’alerter sur cette nouvelle forme de concurrence déloyale qui touche toutes les entreprises des transports légers, qu’elles opèrent en cyclo, en véhicules légers et véhicules utilitaires légers (VUL).
Télécharger la note du SNTL sur le cotrasnportage
Contact : alexandre.fontana@sntl.fr – Tél : 06 77 65 10 91


